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ACTION COMMUNAUTAIRE LOCALE, IMPACT POSITIF SUR L'ENVIRONNEMENT MONDIAL

Zone Prioritaire

La région de Kédougou, paysage prioritaire du PMF/FEM pour la phase FEM7

 

La région de Kédougou est située au sud-est du Sénégal, à la limite entre les terrains anciens et le bassin sédimentaire sénégalo-mauritanien, et couvre une superficie de 16,896 km². Elle est limitée au nord et à l’ouest par la région de Tambacounda, à l’est par la république du Mali et au Sud par la république de Guinée (figure 1). La région de Kédougou est située, en latitude, entre 12° 18’ 17 N et 13° 27’ 32 N et en longitude entre 11° 21’ 17 O et 13° 14’ 21 0. Cette région a été créée par la Loi n° 2008-14 du 18 mars 2008 modifiant la loi n° 72-02 du 1er février 1972 portant organisation de l’Administration territoriale.

 

 

Caractéristiques biophysiques

 

La région de Kédougou est localisée dans la zone du socle du Sénégal oriental et forme la partie ouest du craton ouest-africain, d’âge pré-cambrien. L’ancienneté et la nature des formations géologiques confèrent à la région de Kédougou un grand potentiel sur le plan minier (Figure 1) avec des ressources précieuses telles que l’or (376 tonnes estimées), le fer (800 millions de tonnes), le marbre (1,415,500 tonnes), l’uranium (2000) et d’autres roches ornementales (ANSD, 2015 ). En plus des concessions industrielles (Sabodala, Massawa, Petowol Mining Company, Fer de la Falémé), 29 exploitations traditionnelles de ressources minières ont été recensées dans la région en 2013.

 

Le réseau hydrographique de la région, très développé, est tributaire de cinq grands cours d'eau : la Falémé (affluent du fleuve Sénégal), la Gambie et trois de ses affluents que sont le Niokolo Koba, le Koulountou et le Thiokoye. La plus grande partie de la région de Kédougou est dans le bassin versant du fleuve Gambie dont la plus grande superficie (71%) est en territoire sénégalais. La Gambie est un fleuve à écoulement permanent dont la période de crue s’étale d’août à novembre. C’est en septembre que ce cours d’eau atteint sa côte maximale. En plus de ces cours d’eau, un réseau dense de rivières dont les tracés sont très sinueux existe.

 

Sur le plan hydrogéologique, on distingue les aquifères superficiels et les aquifères profonds emprisonnés dans les fissures du socle. Dans les aquifères de schistes et de roches basiques, les eaux sont riches en calcium et en magnésium tandis que les aquifères de granites et de grès micacés ont des eaux riches en chlorures. La région est marquée par la présence de collines et de plateaux et sa caractéristique fait que la durée de stockage des eaux n’excède pas fin mars à cause de son socle qui empêche de capter facilement l’eau souterraine. Ceci pose un problème de disponibilité d’eau pour couvrir les besoins des populations (Diouf, 1999). Cette situation risque d’empirer avec les besoins en eau des industries extractives installées dans la zone.

 

La région présente une flore et une végétation diversifiées. Les principaux types de végétation sont la forêt galerie, la forêt claire et les savanes (boisée, arborée, arbustive et herbeuse). Les forêts galeries présentent une importante diversité floristique comme dans celle de la cascade de Dindéfello où elle atteint 130 espèces ligneuses par hectare (Goudiaby, 1996). Des sites ont été déclarés Forêts Classées dans les années 1930, compte tenu de leur importance biologique ; 36 espèces de mammifères sauvages, 114 espèces halieutiques et plus de 200 espèces d’oiseaux y ont été recensés.

 

Caractéristiques socio-économiques

 

La population de la Région de Kédougou était estimée en 2018 à 178,272 habitants, dont 92,404 hommes et 85,868 femmes, représentant seulement 1.1% de la population nationale (ANSD, 2019 ). La densité moyenne est de 11 habitants/km2. La majorité de la population de la région est rurale avec 84% contre 16% pour les villes. Les premiers habitants de la région sont constitués par les groupes ethniques Bediks, Bassaris, Djallonkés, Coniaguis qui sont aujourd’hui minoritaires. Désormais les ethnies majoritaires sont les Peuls et le groupe mandingue (Malinkés, Diakhankés et Bambaras). D’autres ethnies que sont les Wolofs, les Sérères, les Diolas, les Maures y sont présentes pour des raisons administratives ou d’affaires. L’exploitation artisanale de l’or a attiré des populations humaines de pays de la sous-région ouest-africaine.

 

Une partie de la région (les pays Bassaris : paysages culturels Bassari, Peul et Bédik) a été inscrite en 2012 sur la liste du patrimoine mondial culturel. La région abrite des Aires du Patrimoine Autochtones Communautaires (APAC) qui sont en bonne voie de reconnaissance grâce à des projets en cours mis en œuvre dans le cadre du sous-programme des APAC que le PMF FEM est en train d’exécuter au Sénégal. Des peuples autochtones comme les Bédiks dont la richesse culturelle présente une particularité au Sénégal, ne sont présentes que dans la région de Kédougou. Cette région est aussi habitée par des peuples minoritaires comme les Bassaris, les Coniaguis et les Badiarankés.

 

L’économie de la zone repose essentiellement sur des activités liées aux ressources naturelles. Il s’agit de l’agriculture (qui occupe 80% de la population), l’élevage (développé dans les terroirs), la cueillette de produits forestiers (entraînant une pression sur les forêts et les savanes), le tourisme, l’exploitation de l’or (orpaillage traditionnelle et exploitation artisanale), la chasse et la pêche sur le fleuve Gambie et ses principaux affluents. La prédominance de certaines activités est fonction de l’ethnie et des relations de genre.

 

Parc National du Niokolo Koba, site de haute biodiversité

 

Le Parc National du Niokolo koba, situé dans la région de Kédougou, est une aire protégée d’importance internationale qui existe depuis 1954. Ce Parc National qui couvre 913,000 hectares a été créé pour préserver les grands mammifères comme le lion, l’éléphant, l’élan de Derby (Taurautragus derbianus derbianus), la panthère et l’hippopotame. Ce parc abrite 80 espèces de mammifères, 330 espèces d’oiseaux, 60 espèces de poissons d’eau douce, 36 espèces de reptiles, 2 espèces d'amphibiens ainsi que de nombreux invertébrés. La présence du chimpanzé (Pan troglodyte verus) et de l’éléphant de savane (Loxodonta africana) dans ce parc national accroit l’importance sous-régionale et mondiale de cette aire protégée. Ce parc renferme au moins 1,500 espèces de plantes à fleurs, soit plus de 60 % des espèces signalées au Sénégal. La diversité biologique du Parc National du Niokolo-Koba en a fait un parc de renommée internationale avec trois statuts : Parc National (1954), Site du Patrimoine Mondial Naturel (1981) et Réserve de Biosphère (1981).

 

Il se trouve dans une région au relief relativement faible avec quelques alignements de collines atteignant 311 mètres aux monts Hassirik. Ces collines sont séparées par de vastes bassins d'inondation recouverts d'eau en saison des pluies.

 

Ce parc est traversé par le fleuve Gambie et un de ses affluents principaux (Niokolo-Koba). Il est bordé par la Koulountou (un autre affluent de la Gambie). La végétation est constituée de forêts sèches, de savanes boisées et de forêts galeries (78 % des forêts galeries du Sénégal se trouvent dans ce Parc selon une étude de la FAO/UNEP en 1981).

 

Statuts juridiques de la région

 

La région de Kédougou comprend différentes entités à statut juridique particulier. Ces entités sont : - le Parc National du Niokolo Koba (PNNK) qui est aussi un site du Patrimoine Mondial Naturel et une Réserve de Biosphère; - les Réserves Naturelles Communautaires (RNC) de Dindéfello, de Salémata et de Niéméniké; - les Aires du Patrimoine Autochtone Communautaire (APAC) de la rivière Atiékègne (Ebarak), de la Montagne de Pathé Eteund Ed Ané (Ethiolo); - les pays Bassaris (paysages culturels Bassari, Peul et Bédik) qui ont été inscrits en 2012 sur la liste du patrimoine mondial culturel.

 

Enjeux de la conservation de la biodiversité dans la région

 

La proximité des sites d’exploitation artisanale d’or constitue une menace de plus en plus réelle qui pèse sur la conservation durable de la biodiversité de ce Parc National, notamment sur les différents groupes de chimpanzés dont l’habitat est perturbé. D’autres facteurs de dégradation d’ordre anthropique comme le braconnage, les coupes abusives perpétrées sur les individus d’espèces ligneuses sont actuellement exacerbées par le changement climatique et ses corollaires. Ces principaux facteurs humains et naturels agissent différemment dans les différents espaces de conservation et de production de la région.

 

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